En 1910, la crue a touché la plus grande partie de la vallée de la Seine et, bien qu’elle n’ait pas été très meurtrière, elle a causé d’importants dommages à l’économie régionale. À Paris, 20 000 immeubles ont été inondés, en banlieue, plus de 30 000 maisons ont été sinistrées.
Un siècle plus tard, le risque d’inondation par débordement de rivière demeure le risque naturel majeur commun à l’ensemble des 8 départements de la région Ile-de-France, soit 1300 communes.
Il concerne 850 000 habitants, mais les dysfonctionnements ne se limitent pas à la zone directement inondée en surface, selon la Direction régionale de l’environnement (Diren) Ile-de-France. Il concernerait 4 à 5 millions de personnes à des degrés divers. Près de 2 millions de personnes seraient affectées par des coupures d’électricité et 2,7 millions par des coupures d’eau potable.
Le Mantois présente un risque de crue majeure
Selon le site national de vigilance des crues de la direction régionale de l’environnement, le Mantois est situé en zone rouge en ce qui concerne les risques de crues, ce qui indique un risque de crue majeure et une menace directe et généralisée de la sécurité des personnes et des biens.
Pour le paysagiste au conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement des Yvelines François Adam, un autre problème majeur de la vallée de la Seine est celui de l’évolution des habitations : « Les maisons se sont abaissées, explique-t-il. On a construit des modèles plus standards, des maisons construites de plain-pied parce que c’était plus agréable et que ça coûtait moins cher, mais ces maisons sont plus facilement inondables. ».
Dans la vallée de Seine, en plus des habitations, un grand nombre d’entreprises seraient également touchées par une crue. « Dans le port de Limay, on voit assez facilement que si la Seine déborde, c’est l’ensemble des infrastructures portuaires qui seront touchées et même au-delà , indique François Adam. Les communes de Guernes, Limay, Mantes-la-Ville ou Epône seraient particulièrement touchées. »
Selon la Diren, près de 170 000 entreprises seraient impactées par une crue majeure, dont 86 000 directement inondées. Cela générerait une paralysie régionale qui affecterait l’ensemble des activités du pays.
Malgré l’action des ouvrages de protection (lacs-réservoirs, digues et murettes), les dégâts directs résultant d’une crue d’une hauteur comparable à celle de 1910 sont estimés à 17 milliards (en euros valeur 2008) au minimum. Les bâtiments existants exposés au risque peuvent faire l’objet d’aménagements et de travaux permettant de diminuer leur vulnérabilité aux inondations.
Ils sont à la charge du propriétaire, mais une partie des mesures peut être financée par l’État, lorsque le PPRI (plan de prévention des risques d’inondations) dont dispose le préfet les prescrit.




















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