Projet disproportionné
Mézières-sur-Seine, petite bourgade yvelinoise est le théâtre ces dernières semaines d’un bras de fer qui engage les riverains de la rue de Mezerolle au Maire, Pierre Blévin.
En cause, le projet de la municipalité de vouloir construire 26 logements dans un périmètre rikiki. Pour les riverains ça ne passe pas : « Nous ne sommes pas contre un projet mais on ne comprend pas pourquoi veut il en faire autant ?26 logements soit 26 familles dans cette rue ce qui fait une cinquantaine de voitures ! Ce n’est pas possible ! Déjà nous, avec 12 familles, on n’arrive pas à se garer. Il prévoit en plus seulement 30 places de parking : où met on le reste ? » explique Hélène, riveraine agacée.
Outre le manque de commodité de voirie, les voisins mobilisés dimanche 15 novembre en une journée de protestation symbolique, anticipent également le manque de sécurité à venir.
Frédéric s’inquiète pour la sécurité de ses enfants : « Il n’y a rien de prévu à l’heure actuelle pour les enfants, il n’y a pas de terrain pour jouer. Dans le projet il n’y a que des places de parking donc les enfants vont jouer dans la rue et avec l’accroissement de voitures - la population de la rue va être multipliée par trois - cela va être dangereux. C’est disproportionné. ».
Sauvegarde du patrimoine
Dans cette histoire, outre le nombre de logements, l’emplacement du projet agace également.
Une vieille bâtisse, la Ferme Grandet, construite au XVIe siècle va être démolie. L’association AIMER ne le digère pas : « Nous avions voulu transformer cette ancienne ferme en ferme pédagogique mais la commune a usé de son droit de préemption. C’est dommage, nous aurions pu ainsi sauvegarder notre patrimoine rural. Ce projet de logements est pitoyable. » lâche Robert Morvan, président de l’association d’intervention mézieroise pour l’environnement et le recours (AIMER).
Village ou ville ?
La réflexion sur ce projet va plus loin. Pour certains, il parait évident que le maire a des ambitions de développer Mézières : « Sur Mézières, il n’y a aucun immeuble qui existe. Alors celui-là risque d’être la porte ouverte à d’autres. Donc il y a une volonté de transformer le village en ville. Ce projet à la base était pour 6 puis 12 et aujourd’hui 26 logements ! Nous ne sommes pas contre le développement de Mézières : en 10 ans la population a presque doublé mais qu’on nous le dise ! » nous explique Dominique.
Pour Jean-Pierre Grihon, seul politique du collectif, le devenir du village est en pleine réflexion : « Cela va se traiter dans un autre contexte puisque a été ouverte la révision du POS en PLU. Il va y avoir 18 à 24 mois de négociations, de discussions, de diagnostics et de propositions sur le devenir à terme du village. Mais nous ne sommes pas pour le maintien du statu quo. Nous disons qu’un projet aussi disproportionné c’est insupportable !"
Mais pour le chef de file de la gauche républicaine et citoyenne de Mézières, il s’agit là aussi d’un joli coup financier pour la commune : « Je pense qu’il y a une volonté de rentrer dans le carde de la loi SRU. Il y a une volonté également de récupérer de l’argent publique puisque, dans le cadre du CDOR, pour chaque logement construit le Conseil général va verser à la commune 10.000 euros, soit un total de 260.000 euros de recettes. »
Entre sauvegarde du patrimoine et volonté de construire, gageons qu’une concertation citoyenne en bonne et due forme ne peut aboutir qu’à un projet satisfaisant pour toutes les parties.




















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