Michel Dupart, pourquoi vous êtes vous engagé en politique ?
Michel Dupart : J’ai toujours été dans le monde associatif et ce depuis l’âge de 11 ans. Depuis 4-5 ans, j’ai abandonné pour des raisons professionnelles mais j’ai toujours ressenti le besoin de servir et de rendre service. C’est ce qui m’a poussé à m’engager en politique.
J’ai fait campagne aux municipales 2008 à Morainvilliers, sur une liste sans étiquette bien qu’ayant, personnellement, des idées de centre droit.
Après ces élections que l’on a perdu, une partie de l’équipe est restée avec moi et je me suis présenté aux cantonales partielles qui avaient lieu dans la même foulée. J’ai atteint presque 9%, quasiment à égalité avec Eliane Marchal, candidate soutenu par le MoDem.
Ce fut une campagne extraordinaire qui m’a sincèrement emballé. Le contact avec la population et surtout le fait de proposer des choses est très motivant. J’ai tenté d’amener des propositions nouvelles et je crois qu’elles ont plu à la population.
Puis sont venues les Législatives partielles. J’ai soutenu logiquement le candidat du centre, Richard Bertrand. Selon moi, il représente le centre droit avant tout.
Comment définissez vous le « centre droit » ?
M.D : La différence ne se fait pas sur l’analyse. Toutes les tendances politiques font à peu près les mêmes constats. Ce sont sur les solutions que nous nous différencons fondamentalement.
La différence fondamentale, entre la droite et le centre-droit, se situe d’un point de vue économique et sur la question du libéralisme. Selon moi, le Centre est le reflet de l’évolution de la politique en France depuis les années 1900 avec la création du plus vieux parti de France : le Parti Radical, parti centriste.
Cette création, c’est l’émergence des idées sociales et de la solidarité. Ce sont des thèmes centristes.
La grosse différence entre le centre et la droite, c’est d’être en désaccord avec le libéralisme et ses dérives. Le fait de ne plus vouloir d’entreprises nationalisées, comme par exemple celles du domaine de l’énergie, ne nous parait pas une bonne idée.
Nous avons une différence à faire entendre. Le coté social, humaniste est défendu par les centristes beaucoup plus qu’un libéral qui va penser « économie ». Oui, pour une économie de marché mais en respectant l’idéal républicain. Elle est là la différence.
Le centre est pour moi la représentation de la solidarité, du coté social, sans aller pour autant dans le coté socialiste où l’on partage tout.
L’exemple type est l’organisation du temps de travail. Je rejoins Nicolas Sarkozy quand il dit que le travail ne se partage pas. Si on partage le travail, on partage la misère puisqu’on va diminuer les niveaux de salaire. Et c’est exactement ce qui s’est passé depuis les 35 heures.
Il vaut mieux produire plus de richesses et donc générer du travail. C’est beaucoup plus intéressant et jusqu’à présent, cela a toujours marché comme ça.
Voilà où se situe, à mon sens, le centre droit.
De sans étiquette vous êtes aujourd’hui le nouveau délégué du Nouveau Centre pour la 12e circonscription. Comment êtes-vous arrivé au Nouveau Centre ?
M.D : J’ai été contacté par pas mal de gens suite à mon score sur les cantonales. Quelqu’un d’inconnu qui fait 9%, cela a suscité des curiosités. La qualité du contenu, je pense, m’a porté donc on m‘a sollicité.
J’ai découvert au Nouveau Centre, par l’intermédiaire d’Angèle Duponchel, une ambiance familiale avec des gens ouverts.
Au Nouveau Centre, nous voulons une « France apaisée » pour reprendre les termes d’Hervé Morin. On évite de monter les gens les uns contre les autres.
Cela m’a emballé tout de suite parce que cela se veut rassembleur et c’est ce qui manque aujourd’hui à la politique française.
Quel va être votre rôle en tant que délégué de circonscription ?
M.D : Mon rôle va être d’animer la circonscription, de faire de l’information, de la formation, dynamiser le mouvement avec des réunions, diffuser nos propositions et faire adhérer les personnes.
C’est un rôle de terrain pour convaincre. Nos idées valent le coup d’être défendues.
Nous avons suffisamment d’adhérents pour être pris en compte par nos partenaires. Nous devons participer à la vie locale et on ne doit pas négliger le Nouveau Centre uniquement parce que l’on n’a pas d’élus à la mairie.
Personne ne se fera élire sans le soutien des centristes. Celui qui se fera élire à la mairie de Poissy en 2014 se fera élire parce qu’il a eu le soutien des centristes. Ignorer le Nouveau Centre est un mauvais calcul.
Pourquoi dire ça ? Trouvez-vous que le Nouveau Centre manque de considération ?
M.D : En général, lorsque l’on n’a pas d’élus on est évidemment moins considérés. Sur Poissy, et dans le cadre de la majorité présidentielle, l’objectif est de reconquérir la ville.
A ce titre là, nos partenaires doivent considérer que le Nouveau Centre a toute sa place. Nous avons des ambitions. Et notre ambition n’est pas de rester sans élu dans la future équipe municipale.
De là à présenter un candidat autonome ?
M.D : C’est encore trop tôt pour le dire mais tout peut arriver.
Malgré la candidature d’un UMP... ?
M.D : Il y aura des discussions. Nos partenaires politiques sont suffisamment avisés pour comprendre que, par moment, il faut faire de la place aux autres.
Nous avons de plus en plus d’adhérents avec des gens dévoués et convaincus de leurs engagements et une soif de responsabilités.
Certains militants sont toujours là pour tracter lorsque l’on a besoin d’eux. Quand il s‘agit de distribuer les postes, il n’y en a plus pour eux. Ça, c’est fini et révolu. Tout soutien se discutera avec des contreparties.
A un moment donné il faut être capable de taper du poing sur la table et de dire qu’on n’est pas là pour servir la soupe sans arrêt.
Nous aussi, nous sommes capables de prendre des responsabilités et de donner un coup de main autrement que par distribuer des tracts dans les boites aux lettres.
Quel est votre ambition pour la 12e circonscription ?
M.D : La 12e circonscription va devenir encore plus rurale qu’elle ne l’a été avec la réforme territoriale.
Tant mieux car, nous centristes, nous sommes plus proches des villages ruraux que des grandes villes. C’est le pragmatisme qui fait que ça fonctionne. Les gens travaillent ensemble en bonne intelligence. Les gens des villages sont très proches de l’idéal républicain que nous défendons.
Nous serons très ambitieux dans les campagnes. Nous serons présents partout. Dans le cadre de la majorité présidentielle parce que l’on amènera notre soutien mais aussi pour avoir des élus.
Mon ambition est que l’on ait des élus partout et dans toutes les villes de la 12e.
Entre décembre et aujourd’hui, nous avons multiplié quasiment par trois les adhésions au Nouveau Centre dans la 12e circonscription.
Il y a quelque chose qui se passe et je tire mon chapeau à Hervé Morin car il a su rassembler, alors que ce n’était pas gagné lors de la césure de l’UDF.
Tout le monde donnait l’avenir au MoDem, aujourd’hui c’est tout l’inverse qui se passe.
Le Nouveau Centre est l’avenir du centre droit. Même Nicolas Sarkozy ne s’y trompe pas. L’élection présidentielle, il ne gagnera pas dans les extrêmes.
Il la gagnera s’il a de bons partenaires au centre et là aussi Herve Morin a su être un partenaire exigeant en défendant ses positions.
Vos projets sur la 12e quels sont-ils ?
M.D : Sur l’A104, ma position est très claire : je suis opposé au tracé. Il faut être capable d’étudier un autre tracé qui ne soit plus en zone urbaine et il y en a plein. J’ai vu que David Douillet envisageait un autre projet. Je suis à 100% avec lui.
Sur les transports publics, il faut améliorer la desserte en bus dans les campagnes. Il faut installer, par exemple, un départ du bus A14 aux Alluets-le-Roi car c’est une ville centrale.
Il y a plein de gens qui partent de Maule, de Crespières qui traversent Orgeval pour y prendre le bus de l’A14. Il y a là, un moyen de réduire les temps de parcours en voiture.
Autre projet, créer un collège et lycée avec des classes d’Internat. Dans le canton de Poissy Sud, on a moins de capacité en terme d’hébergement pour les collèges que les autres cantons en général.
La création d’un collège et d’un lycée publics avec des classes d’internat répondrait à une vraie demande de la population. Développer également une filière sport étude en équitation parce que le Département subventionne l’équitation et en golf parce que c’est aussi une demande récurrente de la population.
Et puis aider les communes à travailler encore plus ensemble pour éviter de se retrouver demain avec des difficultés financières. L’intercommunalité j’y crois. J’ai même un dada pour ce qui concerne Orgeval et Morainvilliers, c’est de fusionner les villes.
La réforme territoriale offre cette possibilité. Cela existait auparavant mais aujourd’hui il y a des subventions pour cela. Morainvilliers et Orgeval ont les mêmes problématiques. Elles sont tellement impliquées l’une dans l’autre qu’il n’y a pas de raisons pour que ce ne soit pas la même commune à terme. Pour le reste, ce sont des villes rurales et elles ont tout intérêt à se mettre en intercommunalité pour partager les dépenses.
Quelle est votre ambition à vous maintenant en tant que délégué ?
M.D : Je vise le Conseil général.
Il y aura une élection cantonale sur Poissy-Sud, l’année prochaine, vous serez donc candidat ?
M.D : J’y pense tous les jours en me rasant !


















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