Sophie Albouy vous êtes la tête de liste dans les Yvelines pour Debout la République. Faisons connaissance, qui êtes-vous et pourquoi vous êtes-vous engagée chez DLR ?
Sophie Albouy : J’ai été, pendant longtemps, directrice de marketing. Puis, pour être plus proche de mes enfants, je me suis mise à mon compte comme consultante. Je suis mariée et j’ai deux enfants.
Il y a toujours eu, dans les discours des élus quelque chose qui me déplaisait. Que ce soit de gauche comme de droite, je ne m’y reconnaissais pas.
J’ai découvert Nicolas Dupont-Aignan aux Présidentielles 2007. Lors des rares fois où les médias lui ont offert une tribune, j’ai été d’accord avec ce qu’il disait et j’ai trouvé, en plus, que c’était d’un pragmatisme implacable.
Du coup, je me suis attachée à lire et à écouter ce qu’il disait. J’ai tellement adhéré à son propos que lors des européennes où DLR a présenté une liste, j’ai envoyé une demande d’adhésion. Puis DLR Yvelines m’a rappelé et on a commencé à tracter ensemble.
Je suis tête de liste car mes coéquipiers m’ont choisi mais c’est un travail d’équipe avant tout. Je ne tiens pas à faire de la politique mon métier. Mais je considère la politique comme un devoir. Un devoir de citoyenneté.
C’est-à -dire ?
S.A : La politique est une affaire de citoyenneté. Il ne faut pas penser que la politique est une occupation que l’on ne pourra jamais faire.
Pour faire entendre sa voix et militer, il ne suffit pas seulement de faire partie du microcosme politique. Cela je n’y crois pas. La République est une affaire de démocratie et je pense que tous les citoyens, à un moment donné, doivent être amenés à s’engager.
Quand la politique menée par un gouvernement n’est pas en phase avec les attentes de la population, on ne peut pas toujours juste râler et ne rien faire. A un moment donné il faut s’engager.
La politique a besoin d’entendre la voix des citoyens, la voix du terrain.
Quel constat faites-vous de la mandature Huchon ?
S.A : La première des choses, c’est que l’on constate une forme d’immobilisme. Qu’est-ce que l’on a eu ces six dernières années ?
Nous avons des problèmes de logement, de transports, des problèmes de sécurité et d’emploi. J’ai du mal à voir quel est le réel bilan du PS et ce, encore plus pour la grande couronne. Il ne s’est rien passé.
Qu’est ce qui a été fait pour les transports dans la grande couronne ? Rien. En revanche, à Paris et dans les villes limitrophes, beaucoup de choses.
On a l’impression que le PS a fait du saupoudrage et du maquillage. Des choses qui se voient. On construit une vitrine mais les problèmes de fond demeurent.
La politique pratiquée, aujourd’hui, au niveau des transports et au niveau des infrastructures routières, a été de stopper tous les développements et les optimisations que l’on pouvait faire.
Tout est fait pour dissuader l’automobiliste de prendre sa voiture. Pourtant on a rien fait pour améliorer la desserte de transports en communs.
Qui plus est les transports sont chers. Pourquoi ne pas faire le Pass Navigo au tarif unique ?
C’est une de vos propositions ?
S.A : Oui, le Pass Navigo à 50 euros. Les gens qui habitent en grande couronne dépensent une partie énorme de leur budget dans les transports pour aller travailler. Ces gens sont systématiquement désavantagés. Ce n’est pas normal.
On ne parle jamais de la grande couronne. Elle est laissée pour compte. Nous proposons de régler les urgences et de faire en priorité ce que l’on aurait du faire depuis très longtemps.
Quelles sont ces urgences ?
S.A : Pour les transports, l’urgence est de réparer ce qui existe déjà et de mettre le réseau ferré de France devant ses responsabilités afin d’engager des budgets pour que les voies ferrées, dont certaines datent de 1937, soient réparées. Réparer et remettre en état ce qui existe déjà pour que les trains arrivent à l’heure.
Daniel Debus : En grande couronne vous avez trois quarts des emplois et des habitants qui ne sont pas desservis par le réseau ferré contre 2% à Paris et 1/3 en petite couronne.
L’idée de DLR est de multiplier par trois en petite couronne les transports de bus.
Vous dénoncez donc une concentration des moyens axée uniquement sur Paris et sa première couronne ?
S.A : Bien sûr. Parce que c’est ce qui se voit et que c’est également une attitude clientéliste. Il suffit de voir le programme UMP : 800 millions d’euros pour couvrir l’avenue de Neuilly. Je ne vous fais pas de dessin. Il y a certainement d’autres priorités.
Le pass Navigo porté au tarif unique de 50 euros, cela coûterait 500 millions d’euros. Comment financera-t-on ? L’idée est de taxer le kérosène. C’est le seul carburant, bien que représentant 25 % de la consommation de tous les produits pétroliers, qui soit non assujetti à aucune taxe et qui ne reverse aucune contribution au STIF.
D.D : Le Grand Paris occulte cinq millions de Franciliens qui vivent dans l’Essonne, le Val d’Oise ou la Seine Saint-Denis mais en grande couronne.
Cette population a quasiment doublé en quarante ans. L’offre des services de transports en commun n’a pas suivi. Ce n’est pas normal.
C’est bien beau de dire la voiture, on en veut plus. C’était la politique des Verts avec notamment M. Baupin, adjoint Vert au maire de Paris jusqu’en mars 2008, qui avait une politique de punition à l’égard des automobilistes.
Mais aujourd’hui la voiture reste à 70% le moyen de locomotion des Franciliens.
Hormis les transports, sur l’emploi et le logement quelles sont vos propositions ?
D.D : Le logement est en rapport avec l’emploi. Il y a aujourd’hui une volonté de développer l’offre d’emploi et d’entreprise à La défense au détriment de tout autre endroit ou ville de l’Ile-de-France.
Il y a dix ans, il y avait 120.000 emplois à La Défense. Aujourd’hui 140.000. Si on suit la volonté du Grand Paris - projet présidentiel - c’est ajouter 20.000 emplois.
Nous estimons que le territoire francilien doit être plus équilibré en privilégiant toutes les zones économiques.
La région a besoin d’avoir des pôles différents à différents endroits : Saclay, Créteil, Cergy, etc. On a créé des déséquilibres économiques. Il faut rééquilibrer l’Ile-de-France.
Le logement, quel constat et quelle ambition ?
D.D : Il y a un manque flagrant de logement. Le logement est lié à l’emploi. Il y a des villes avec peu de taxe professionnelle qui sont des cités dortoirs avec une qualité de vie qui n’est pas ce qu’elle devrait être.
Ces personnes là sont obligées d’aller travailler loin de chez elles puisque l’on privilégie le grand pôle économique qu’est La Défense. Donc les gens prennent leurss voiture, puisqu’ils ne sont pas desservis par les transports en commun. En prenant leur voiture, ils participent au réchauffement climatique.
A chaque fois qu’un problème est traité, il est traité de manière isolé, indépendamment du contexte. Or tout est lié. L’emploi, le logement, le transport, l’environnement, tout est lié.
S.A : Il y a certaines communes qui sont ennuyées par le prix du foncier pour construire des logements sociaux.
L’idée est d’aider ces villes en manque d’HLM. Plus de budget afin qu’elles construisent davantage. Ce qui en plus, bien sûr, favoriserait la mixité sociale.
Quand le foncier est cher, cela crée des ghettos. Il faut répartir différemment les aides. Mais pas seulement.
Il faut doter l’établissement public foncier d’Île-de- France de moyens importants qui pourra déléguer aux communes des terrains ou des immeubles. Celles-ci construiront des logements sociaux quand elles maîtriseront les programmes et les attributions. On crée un fond régional qui récupère les aides de l’Etat et qui investira dans la construction de logement.
Nous voulons également vendre 100.000 logements sociaux à leurs locataires. Avec l’argent récolté, on en construit d’autres. En cinq ans, sans surcoût pour l’état et la région, on peut financer 200 000 accessions sociales à la propriété. Ceux-là sortis du marché locatif permettront à d’autres d’y entrer.
Le slogan de Debout la République c’est une « certaine idée de la France », quelle est cette idée ?
S.A : Nous n’aimons pas les idéologies. Et a fortiori les idéologies culpabilisantes. On le voit bien avec les Verts aujourd’hui sur la question de l’environnement.
Un exemple il était question de faire un troisième aéroport. Les gens sont malades du bruit en Ile-de-France. Les verts se sont opposés à sa construction pour les raisons écologiques. Donc au final, on accepte que des franciliens étouffent pour des questions purement idéologiques. Idem pour les autoroutes.
On a préféré la tranquillité des lapins des plaines picardes à la santé de millions de Franciliens qui subissent la pollution à la fois sonore et atmosphérique de Roissy et d’Orly.
De la part des élus, il y a un manque d’engagement réel vis-à -vis des gens qui leurs ont donné un mandat. On a l’impression bien souvent que les politiques sont là pour se servir et non pas pour servir. Ils oublient vite pourquoi ils ont été élus et par qui ils ont été élus.
A Debout la République on a beaucoup, beaucoup de mal à supporter ça.
Beaucoup plus d’infos sur le programme de Debout la République :
http://nda-iledefrance.fr/2010/