Energie Panneaux flottants de Sirindhorn : la Thaïlande mise sur l’énergie solaire

Panneaux flottants de Sirindhorn : la Thaïlande mise sur l’énergie solaire

La thailande adopte l'énergie solaire

Les changements climatiques sont à l’ordre du jour dans les grands rassemblements mondiaux. Les différentes Conférences des parties ( COP) s’y sont intéressées, invitant l’ensemble de la planète à s’engager pour les freiner. Particuliers et collectivité sont donc mobilisés pour la cause. La Thaïlande qui n’est pas en marge de la lutte a trouvé la solution idéale pour réduire son empreinte carbone et s’alimenter en énergie propre. Elle l’a fait à travers le projet de Sirindhorn, une installation hydro-solaire basée dans le nord du royaume. Découvrez cette construction à la fois source d’électricité et curiosité touristique thaïlandaise.

Panneaux solaires de Sirindhorn, premier et plus grand projet solaire au monde

En Thaïlande, la volonté d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 est manifeste. Elle se lit à travers des milliers de panneaux solaires alignés sur un lac thailandais. Le pays d’Asie du sud-est entre ainsi dans la phase active d’un projet annoncé comme le plus vaste au monde en matière d’installation solaire. 

Pour l’implémenter, il a été réquisitionné 720 000 mètres carrés dans les territoires du nord-est. Ce vaste domaine équivalent à 70 terrains de football en dit long sur les ambitions et la grandeur de l’initiative. Le système ainsi installé est relié au barrage de Sirindhorn situé dans la province d’Ubon Ratchathani. Il peut fonctionner 24h/24, de quoi enthousiasmer le gouverneur adjoint de l’autorité publique de l’électricité (EGAT), Prasertsak Cherngchawano.
Ce dernier affirmait à l’AFP :

grâce aux 45 mégawatts combinés à l’énergie hydraulique et au système de gestion de l’énergie pour les énergies solaire et hydraulique, il s’agit du premier et du plus grand projet au monde ». Dans le royaume, ce n’est pourtant que le premier des 15 projets du même type prévus pour être réalisés avant 2037.

La neutralité carbone en ligne de mire

Le projet de Sirindhorn répond à l’engagement de la Thaïlande à atteindre la neutralité carbone et une émission nette de gaz à effet de serre nulle, respectivement aux horizons 2050 et 2065.

Pour réaliser une telle performance, le pays se devait de réorganiser sa production d’électricité. Selon les propos du ministre de l’énergie, celle-ci provient du gaz naturel à hauteur de 55% contre quelque 11% seulement d’énergies propres. 

La ferme hydro-solaire vient changer la donne. D’un coût de 30 millions de dollars, elle a été construite en environ 2 ans, malgré les contretemps induits par la crise sanitaire. Celle-ci aura notamment entraîné le retard de livraison des panneaux et la contamination de certains techniciens. 

Le projet de Sirindhorn, une double vocation

Destinée à l’autorité provinciale de l’électricité, la grande partie de l’énergie produite par la ferme hydro-solaire de Sirindhorn est redistribuée aux foyers et entreprises locaux. Toutefois, la construction est également perçue comme une attraction touristique. 

Pour faciliter la découverte du site, il a d’ailleurs été prévu une promenade de la nature de 415 mètres de long. Cet aménagement en forme de rayon solaire offre une vue panoramique sur le réservoir et les panneaux solaires flottants

Quelques curieux vont déjà en profiter. C’est le cas de Duangrat Meesit, un touriste de 46 ans qui déclarait à l’AFP : “Quand j’ai appris que ce barrage possédait la plus grande ferme hydro-solaire du monde, j’ai su que cela valait la peine de le voir de mes propres yeux« . 

Cependant, l’installation de la ferme n’aura pas fait que des heureux. Les riverains, en l’occurrence, se plaignent de n’avoir plus accès aux eaux les plus poissonneuses et de gagner moins de revenus. 

Pour sa part, l’autorité de production estime que les activités halieutiques et agricoles peuvent poursuivre leur cours normal malgré l’installation du projet. Les populations locales devront tout de même accepter la volonté de l’État de développer la région et occuper les terres alentour encore disponibles pour leurs différentes activités.