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Copropriété : que faire face à un abus de pouvoir du conseil syndical ?

En copropriété, le conseil syndical est le garant des intérêts de l’ensemble des copropriétaires vis-à-vis du syndic de gestion. Malheureusement, il peut arriver que cet organe ou l’un de ses membres faillisse à sa mission ou profite de sa position pour poser des actes qui vont uniquement dans son propre intérêt. Dans ce cas, quels sont les recours possibles pour les copropriétaires ?

Procéder à la révocation du membre du conseil syndical en faute

Généralement, le conseil syndical d’une copropriété dispose d’un mandat de trois ans renouvelables. Pendant l’exercice de sa fonction, lorsqu’un membre du syndic se rend coupable de faute grave portant préjudice à l’un ou à l’ensemble des copropriétaires, il peut être évincé de l’organe. Cela est prévu par l’article 25 de la loi de 1965. En cas d’abus de pouvoir du conseil syndical, la procédure de révocation se fait en trois principales étapes à savoir l’identification de la faute du membre du conseil syndical, l’intégration de sa révocation dans l’ordre du jour de l’assemblée générale et la nomination de son successeur.

Identifier les fautes qui justifient la révocation du membre

Afin de déclencher le processus de révocation d’un syndic, il faut être en mesure de justifier le bien-fondé de cette action. Vous devez donc identifier les fautes commises et en apporter les preuves. Les abus les plus récurrents et les plus graves concernent généralement les cas de dol dans la rédaction du contrat de copropriété, les manquements dans la gestion et dans la facturation des services.

assemblée générale copropriété

Mettre la révocation du membre à l’ordre du jour de l’AG

Une fois que vous établissez la liste des fautes qui justifient le processus de révocation, vous devez faire parvenir une demande par lettre recommandée avec accusé de réception au syndic. Cela permettra d’ajouter la révocation du membre du conseil à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale. La procédure peut être réalisée par un seul copropriétaire, par un groupe ou par le conseil syndical lui-même. Tout ceci doit être fait au moins deux mois avant la date de la prochaine assemblée.

Voter la révocation et procéder à la nomination d’un nouveau membre

Pour révoquer un membre du conseil syndical, la loi prévoit un vote à la majorité absolue prenant en compte tous les copropriétaires, même ceux qui n’étaient pas présents à l’assemblée. Lorsque ce quota n’est pas atteint, une autre disposition est également prévue. Si les suffrages atteignent au moins le tiers du nombre de copropriétaires, le syndicat procède à un second vote, mais à la majorité simple pour cette fois. Après cette étape, il faut conclure en désignant le successeur du syndicat évincé. Pour cela, la nomination d’un nouveau membre devrait également être ajoutée à l’ordre du jour de l’AG.

Mettre fin au mandat du président du syndic

Lorsqu’il y a beaucoup de difficultés rencontrées pendant le mandat du syndic, l’une des meilleures alternatives est de démettre le président de ses fonctions. Pour y arriver, les copropriétaires ont deux approches : la négociation ou la demande de révocation.

Essayer d’abord un accord à l’amiable

Quand la responsabilité du président du conseil syndical est clairement engagée pour des fautes graves, ce dernier peut démissionner de son poste d’un commun accord avec les copropriétaires ou avec le conseil. Cette approche permet de simplifier les choses pour l’intérêt de tous. Lorsque les parties n’arrivent pas à trouver un consensus, on pourra passer au processus de révocation du président.

Lancer le processus de révocation du président

La révocation du président du conseil syndical dans une copropriété est identique à celle d’un simple membre à quelques détails près. Ici également, il faut fournir une liste de ce que l’on reproche à la personne. Les motifs doivent être sérieux et non discriminatoires. La décision de révoquer le président doit se faire exclusivement par un vote à la majorité absolue conformément à l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965.

En ce qui concerne la succession du président, deux cas de figure sont possibles. Si le nouveau dirigeant fait partie de l’actuel conseil syndical, une élection n’est pas nécessaire. Il revient aux membres de l’organe de désigner la personne qui prendra la présidence dorénavant. Dans le cas contraire, il faut procéder à un vote à la majorité simple pour nommer le prochain président du conseil syndical.

Engager des poursuites judiciaires

Le recours à une instance juridique intervient seulement dans les cas les plus graves. Lorsqu’un préjudice est causé à un tiers par exemple, c’est la responsabilité civile qui est engagée. Quand il s’agit d’une infraction, une sanction pénale peut être envisagée. Néanmoins, il faut noter que le conseil syndical ne dispose pas de personnalité juridique. Il ne peut donc faire l’objet de poursuite judiciaire. Seule la responsabilité individuelle des membres du syndic peut donc être engagée. Dans ce cas, la poursuite doit concerner spécifiquement la ou les personnes qui sont en faute et non l’organe syndical dans son ensemble.