Lexique Immobilier Gaz à effet de serre

Gaz à effet de serre

L’atmosphère terrestre agit comme une couverture invisible, retenant une partie de la chaleur émise par le soleil. Sans ce phénomène naturel, la planète serait une sphère glacée, impropre au développement de la vie. Mais depuis deux siècles, l’industrialisation et l’usage massif des combustibles fossiles ont intensifié cette mécanique, transformant un processus vital en facteur de dérèglement climatique à travers les émissions de gaz à effet de serre Que sont ces gaz et d’où viennent-ils ?

Qu’est-ce qu’un gaz à effet de serre ?

Un gaz à effet de serre (GES) est un gaz présent dans l’atmosphère qui absorbe et réémet le rayonnement infrarouge, piégeant ainsi la chaleur et contribuant au réchauffement climatique. Ces gaz, comme la vapeur d’eau et le dioxyde de carbone, sont essentiels à la vie car ils maintiennent une température propice à la surface de la Terre. Cependant, les activités humaines ont accru leur concentration, renforçant l’effet de serre et provoquant un réchauffement global. 

D’où proviennent les gaz à effet de serre ?

Ces gaz ont des origines multiples. Les sources naturelles incluent les volcans, les feux de forêt ou encore la décomposition de la matière organique. Des mécanismes compensatoires, appelés puits de carbone, absorbent une part des émissions : la photosynthèse végétale et l’océan mondial en constituent les principaux.

Pendant des millénaires, un équilibre s’est maintenu entre rejets et absorptions. L’essor industriel a bouleversé ce cycle, générant des volumes supérieurs à la capacité d’absorption naturelle. L’excédent s’accumule, accentuant le réchauffement planétaire.

Le ciment

La fabrication du ciment libère d’importantes quantités de CO₂. Produire 100 tonnes de ciment émet plus de 80 tonnes de gaz carbonique. Au Canada, ce secteur représente environ 13 % des rejets industriels de gaz à effet de serre. Des alternatives émergent : formulations moins émettrices, procédés de captage du carbone ou conception d’ouvrages utilisant des matériaux stockant naturellement le CO₂.

L’agriculture

L’agriculture contemporaine combine mécanisation, engrais chimiques et transport intensif, autant de pratiques fortement émettrices. Les engrais azotés dégagent du protoxyde d’azote, gaz à fort pouvoir réchauffant. Les pistes de réduction incluent la diversification des sources énergétiques, l’usage raisonné des intrants et des techniques de séquestration du carbone dans les sols.

Sites d’enfouissement

La décomposition anaérobie des déchets organiques dans les décharges produit du méthane, dont le potentiel de réchauffement est environ 25 fois supérieur à celui du CO₂. Dans certains pays, les émissions liées à l’enfouissement dépassent celles du secteur aérien. Les collectivités locales multiplient les initiatives de compostage et certaines décharges capturent désormais ce gaz pour l’utiliser comme source d’énergie.

Que pouvons-nous faire ?

Réduire les émissions implique une refonte globale des systèmes de production et de consommation. Les leviers incluent :

  • la substitution progressive des énergies fossiles par des ressources renouvelables (solaire, éolien, hydraulique, biomasse) ;
  • la réorganisation des modes de construction, d’urbanisme et de mobilité pour limiter la dépendance au carbone ;
  • l’optimisation de l’efficacité énergétique des bâtiments et des équipements ;
  • la valorisation des pratiques agricoles durables et des circuits courts.

La transition suppose également une mobilisation collective : États, collectivités, entreprises et citoyens. Les choix technologiques, urbanistiques et économiques des prochaines décennies détermineront la capacité à contenir l’accumulation des gaz à effet de serre et à stabiliser le climat.