Vue de Marseille avec immeubles d'habitation et mer en arrière-plan
À Marseille, les prix de vente reculent un peu, pendant que la location reste sous tension.

3.316€ le mètre carré en moyenne début février 2026, et une petite marche arrière sur un an: -0,7%. Marseille n’est pas en train de s’effondrer, mais la fête facile des années post-Covid s’est calmée. Sur trois ans, la baisse est plus nette (-3,8%), et sur certains segments, tu sens que la négociation est redevenue normale – presque un retour à la réalité. Le truc, c’est que la location raconte une autre histoire. Le loyer médian des appartements tourne autour de 14 /m sur les quatre derniers trimestres, avec une hausse annuelle de +1,6%… mais quand on regarde par typologie, ça part dans tous les sens: T1 en baisse sur un an, T2 et T3+ en hausse. Résultat: si on achète, on discute plus. Si on loue, on compte encore.

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3.316 /m²: la baisse est là, mais pas partout

Sur le papier, le signal est clair: début février 2026, le prix moyen à Marseille est donné à 3.316 /m². Sur trois mois, c’est quasi stable (-0,2%), sur douze mois ça recule un peu (-0,7%). Rien de spectaculaire, mais suffisant pour changer l’ambiance. Quand les prix montent, tout le monde se presse. Quand ça plafonne, les acheteurs redeviennent pointilleux – et les vendeurs arrêtent de rêver.

Ce recul récent ne veut pas dire que Marseille est « moins chère » au sens long. Sur cinq ans, d’autres indicateurs montrent une hausse marquée, avec des appartements donnés autour de 3.547 /m en médian au 1er janvier 2026, et une progression de +18% sur cinq ans. Tu peux tenir les deux idées en même temps: sur un an, ça souffle. Sur plusieurs années, la ville a pris de la valeur, surtout dans les coins qui ont surfé sur l’image « mer + soleil + grande ville ».

Et puis il y a la réalité de terrain: parler d’un « prix moyen » à Marseille, c’est toujours un peu dangereux. Entre une rue qui coche toutes les cases (transports, commerces, immeuble propre) et celle d’à côté qui traîne des problèmes de copro, tu peux avoir des écarts violents. Des pros le disent sans détour: certains biens partent très haut, jusqu’à 4.900 /m² dans des quartiers recherchés, quand d’autres restent sur le carreau parce que l’immeuble fait peur ou que le DPE est mauvais.

Ce qui a changé, c’est le rapport de force. Les délais de vente se sont allongés, avec une moyenne autour de 67 jours observée sur le marché. Tu ne poses plus une annonce le mardi pour signer le samedi. Du coup, les acheteurs reviennent avec des conditions: « on fait une offre, mais on veut une marge », « on veut une baisse parce qu’il y a des travaux », « on veut une clause sur la copro ». C’est moins sexy, mais c’est plus sain.

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Appartements à -7% sur un an: le coup de frein visible

Si tu veux un chiffre qui claque, le voilà: les appartements sont donnés en recul de -7% sur un an au 1er janvier 2026, avec un prix médian à 3.547 /m². Ce n’est pas une micro-variation, c’est un vrai coup de frein. Et ça colle à ce qu’on voit à l’échelle nationale: en 2025, le marché des appartements a été davantage corrigé, avec une baisse moyenne autour de -1,2% sur les prix au m². Marseille, elle, fait sa vie – parfois plus brutalement.

Dans le détail, la fourchette est large: prix bas autour de 2.041 /m², prix haut à 6.260 /m². Ça veut dire quoi concrètement? Que tu as des opportunités, mais seulement si tu sais ce que tu achètes. Un appartement à 2.100 /m² peut être une affaire… ou un nid à problèmes. Et à 6.000 /m², tu n’achètes pas juste des mètres carrés: tu paies une vue, une adresse, un état impeccable, parfois un immeuble qui sort du lot.

Autre truc à garder en tête: le prix varie aussi selon la taille. Les données par nombre de pièces montrent des niveaux très différents selon les segments. Des studios affichés très haut au m, des 2 pièces autour de 4.046 /m², des 3 pièces autour de 4.092 /m²… et des grands logements avec des valeurs qui bougent encore. C’est le marché classique: le petit se loue et se revend facilement, donc il peut rester cher au m, même quand l’ambiance générale se refroidit.

Je te donne une scène typique entendue chez un agent du centre: un vendeur arrive avec le souvenir de 2022 en tête, il veut « le prix du voisin ». Sauf que l’acheteur, lui, arrive avec des taux pas si bas, un banquier qui demande des comptes, et la peur des travaux énergétiques. Du coup, l’offre tombe 5% sous l’annonce, parfois plus si le DPE est mauvais. Et là, soit le vendeur s’aligne, soit il attend – parfois longtemps.

Maisons à -1%: le segment qui résiste mieux

Les maisons, elles, font moins de bruit. Le prix médian est donné autour de 3.796 /m² au 1er janvier 2026, avec une baisse de -1% sur un an et une hausse de +9% sur cinq ans. Tu lis ça et tu comprends vite: ce segment encaisse mieux. La maison reste un produit rare dans Marseille intra-muros, et dès que tu as un extérieur, un coin calme, un accès correct, ça tient.

Là aussi, les écarts sont énormes: prix bas autour de 2.276 /m², prix haut à 6.771 /m². Et quand tu descends par nombre de pièces, tu vois des valeurs qui ne racontent pas toutes la même histoire. Une maison de 3 pièces donnée autour de 3.036 /m² n’a rien à voir, en usage, avec une grande maison familiale. Dans les faits, tu payes le terrain, l’état, le stationnement, et surtout l’emplacement – à Marseille, c’est encore plus vrai qu’ailleurs.

Ce qui soutient les maisons, c’est aussi la psychologie. Quand les appartements reculent fort, certains ménages se disent: « Quitte à acheter, autant viser un truc qui se défend. » Et quand tu ajoutes la rareté, tu obtiens un marché qui corrige moins. Mais attention au piège: une maison mal classée énergétiquement, avec des travaux lourds, peut devenir un boulet. Les acheteurs ne veulent plus d’une passoire qui va coûter une fortune à rénover.

Et puis il y a le neuf, souvent plus cher, avec un prix médian donné autour de 4.595 /m² et une baisse de -4% sur un an, tout en restant à +12% sur cinq ans. Ça montre un truc simple: même le neuf, qui se vendait parfois « sur plan » sans trop discuter, subit la pression. Quand les budgets sont serrés, les gens comparent, négocient, et parfois renoncent. Le promoteur, lui, peut offrir une cuisine, des frais de notaire, ou ajuster. Ce n’est pas de la charité, c’est de la vente.

Location: T1 en baisse, T2 et T3+ en hausse

À Marseille, la location ne suit pas une ligne droite. Sur un an, les locataires ont payé des loyers en baisse de -1,5% pour les T1, mais en hausse de +1,9% pour les T2 et de +2,9% pour les T3 et plus. Du coup, tu as deux marchés dans la même ville: le studio qui peut se tasser, et le logement « de vie » (couple, colocation, famille) qui reste sous pression. Et ça, sur le terrain, ça se voit dans les visites.

Le loyer médian des appartements, toutes surfaces confondues, est autour de 14 /m² sur les quatre derniers trimestres, hors charges. Et la tendance générale est à la hausse: +1,6% sur un an. Le mot important, c’est « médian ». Ça évite de se faire balader par les extrêmes, le studio refait à neuf à prix d’or et l’appartement fatigué qui n’intéresse personne. Pour un locataire, ça donne un repère plus réaliste pour juger une annonce.

Sur cinq ans, la lecture est encore plus parlante: +7,8% sur les loyers des T1, +6,1% sur les T2, et +10,3% sur les T3+. Donc même si le T1 recule sur un an, il a quand même pris cher sur la durée. Et le T3+, lui, grimpe le plus. Si tu cherches un 70 m pour vivre à plusieurs, tu te retrouves vite à arbitrer: quartier moins central, étage sans ascenseur, ou compromis sur l’état.

Le revers de la médaille, c’est que cette pression locative n’est pas juste une « tendance ». Elle est nourrie par l’offre qui se contracte dans certaines villes, Marseille comprise, avec une baisse de -9,6% de l’offre locative observée fin 2025. Moins d’annonces, plus de candidats, et des propriétaires qui sélectionnent à la dure. Pour les ménages modestes, ça veut dire dossiers refusés, garants obligatoires, et parfois des solutions bancales. C’est là que la baisse des prix à l’achat ne règle rien, parce que tout le monde ne peut pas acheter.

Acheteurs +8,9% début 2026: un marché qui bouge encore

Malgré les corrections, Marseille continue d’attirer. Début 2026, la ville est donnée avec une hausse de +8,9% d’acheteurs. Ça peut surprendre quand on parle de baisse des prix, mais ce n’est pas contradictoire. Quand les prix reculent un peu, tu fais revenir des gens qui étaient sortis du jeu. Et quand tu compares à d’autres grandes villes françaises, Marseille garde un argument massif: un mètre carré souvent moins cher que les marchés les plus tendus.

Ce regain d’intérêt se traduit par un marché « plus fluide », mais pas euphorique. Les acheteurs sont plus nombreux, sauf qu’ils sont aussi plus exigeants. Ils veulent un appartement fonctionnel, bien placé, et surtout conforme aux attentes actuelles. Et ce n’est pas un détail: depuis 2025, la négociation est devenue la norme sur beaucoup de secteurs. Tu as plus de visites « test », plus de contre-visites, plus de demandes de diagnostics, plus de questions sur la copropriété. Le vendeur qui n’a pas ses papiers carrés perd du temps.

Si tu veux une comparaison utile, regarde d’autres villes où les prix ont reculé sur un an. Certaines communes enregistrent des baisses de 1 à 4% selon les périodes, parfois plus, sans que ça tue le marché. Ce que ça change, c’est la manière de vendre: estimation plus réaliste, affichage moins gourmand, et acceptation que le prix final n’est plus un copier-coller de l’annonce. Marseille est dans ce moment-là: ça discute, ça tranche, ça se décide moins au feeling.

Et puis il y a un dernier point, très concret: ce marché reste ultra local. Tu peux avoir une baisse moyenne, mais un quartier qui tient, et un autre qui décroche. Tu peux avoir un T2 qui se loue en 48 heures et un studio qui met trois semaines parce qu’il est mal fichu. Si tu es acheteur, tu dois faire tes devoirs: comparer les prix au m, regarder les délais, et surtout visiter. Si tu es propriétaire bailleur, tu dois accepter que « mettre au prix » ne suffit plus: il faut un logement propre, clair, et un dossier béton. Sinon, tu regardes les autres louer à ta place.