mardi 20 janvier 2009
Fermeture d’association : les salariés de l’ASTI réclament des comptes

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L’association Action Solidaire Tremplin d’Intégration (ASTI) va cesser ses activités dans les prochaines semaines. Présente à Chanteloup-les-Vignes depuis 1973, c’est tout un pan de l’histoire sociale de la ville qui s’achève avec elle. Ses salariés, eux, ne comprennent pas comment ils ont pu en arriver là. Nous les avons rencontrés.
 

MediaSeine : Bonjour à tous, pouvez-nous dire aujourd’hui quelle est la situation de votre association ?

Les salariés : Elle est simple et on ne peut plus claire : nous sommes tous licenciés depuis le 10 janvier. Une convention de reclassement nous a été proposé, nous avons quatorze jours pour l’accepter ou non. Nous sommes donc actuellement dans ce délai-là.

Si nous l’acceptons, le 24 janvier nous devrons quitter les lieux. Ceux qui n’accepteront pas cette convention de reclassement auront encore deux mois pour faire leur préavis. Cependant et chose étrange, nous n’avons toujours pas reçu nos lettres de licenciement.

Cette cessation d’activité concerne combien de salariés ?

13 salariés en CDI et 6 contrats aidés.

Concrètement, pour quels motifs votre association ferme-t-elle ?

Bonne question ! Nous n’avons aucune information à ce sujet. La direction nous a toujours dit que tout va bien, qu’il n’y a pas à s’en faire !

Aujourd’hui, les raisons ne sont pas si évidentes que cela. Nous voulons savoir si les subventions ont été demandées, si ce n’est pas le cas, c’est une grosse erreur de la part des dirigeants.

Qui ne vous donne pas cette information ?

Le président et la directrice. Au mois d’octobre, tout allait bien : « Ne vous inquiétez pas, on est là Â» nous disait le président et du jour au lendemain : « ah bah, désolé la situation est catastrophique, vous êtes tous licenciés Â».

Nous n’avons rien vu venir ! On nous a caché des choses, on a toujours dit qu’il y a un espoir et puis d’un coup c’est devenu la fin. Nous n’avons eu aucun délai de recours, tout était déjà fait déjà depuis au moins six mois.

Alors êtes-vous rentrés en conflit avec votre direction ?

Encore faudrait-il les voir pour être en conflit ! Nous n’avons été informés de rien : ni sur la gestion de l’association, ni sur les subventions, ni sur le budget, rien !

Les activités de l’ASTI fonctionnaient-elles ?

Très bien. Je m’occupais des actions socialisantes langagières pour les nouveaux arrivants en France qui ne savent ni lire ni écrire ou qui ont besoin d’un perfectionnement. En moyenne sur l’année nous avions 80 stagiaires. Cela fonctionnait parfaitement.

On fonctionnait avec l’hôtel social du parc, avec l’ANPE, les missions locales, des psychologues et aujourd’hui les personnes qui viennent à l’ASTI on ne sait pas quoi en faire.

J’ai écris à la mairie, j’ai demandé des sites d’orientation pour nos stagiaires, je n’ai eu aucune réponse à ce jour.

Nous travaillions également avec le 115, nous nous occupions d’intégration au sens le plus large du terme et dans tous ses aspects de la vie quotidienne. Nous avons vraiment l’impression d’êtres des laissés-pour-compte.

La fermeture est d’ordre économique ?

Effectivement, je crois qu’il y a un problème de financement mais surtout d’autofinancement c’est-à-dire que l’ASTI n’a pas su créer elle-même ses propres ressources financières pour fonctionner.

Et la municipalité, que vous a-t-elle dit ?

Rien. Chaque année ils nous invitent à leurs vœux, cette année nous avons rien reçu…

Nous n’avons aucun contact. Nous avons demandé à être reçu afin que l’on nous explique la situation, nous n’avons reçu aucune réponse.

Êtes-vous les seuls à Chanteloup à dispenser ces services à la population ?

Non, depuis maintenant près de deux ans, nous sommes deux structures. Le centre social a ouvert ses portes en 2007 et a développé les mêmes activités que nous. Ils ont ainsi récupéré nos subventions et de ce fait nous en avons eu beaucoup moins. Du coup, ils continuent on ferme.

Votre association n’a pas pu pas fermer comme cela du jour au lendemain, il y a eu des signes avant coureur. Objectivement, n’avez-vous pas fait preuve de naïveté ?

Bien sûr, c’est pour cela qu’il nous faut un psy aujourd’hui (rires) ! La vérité nous éclate à la figure. Nous découvrons tout.

Aujourd’hui, qu’allez-vous faire ?

Nous avons besoin d’aide, nous sommes perdus ! Nous avons contacté la CGT. Ils nous ont délégué une personne qui a assisté à tous les entretiens préalables au licenciement mais nous ne sommes pas adhérents ! Il nous dit qu’une action en justice était envisageable. Nous y réfléchissons.

Une chose est sûre. Nous allons nous défendre. Nous voulons sauver l’ASTI. Nous continuons tous à travailler, comme si de rien n’était, pour nos adhérents.

Vous savez, l’ASTI c’est 350 personnes qui viennent régulièrement chercher du soutien. Ils ne savent même pas que leur association va fermer.

Interrogé à son tour, le président de l’ASTI répond :

M. Gour : Vous êtes président de l’ASTI, pourquoi votre association ferme-t-elle aujourd’hui ?

L’Etat a cessé de nous subventionner puis la région puis la commune. Comment voulez-vous continuer dans ce cas de figure ? C’est ainsi, des associations ils en meurent chaque jour. Aujourd’hui, c’est l’ASTI.

Nous avons bien évidemment tenté de sauver notre association. Nous avons réduit les effectifs en passant de 47 salariés à 13 mais rien y fait. Nous avons tout essayé mais aujourd’hui la situation n’est plus tenable.

J’ai tenu cette association à bout de bras pendant vingt-ans, je n’ai plus le courage, aujourd’hui, de me battre.

Pourquoi ne pas avoir assez communiqué sur l’état de l’ASTI à vos salariés ?

Non mais vous plaisantez ! Bien évidemment qu’ils étaient au courant de tout. Il y a eu des assemblées générales et des procès verbaux de ces assemblées. Tout a été parfaitement clair. Ces P.V ont été distribués. Il y a un gel des subventions à échelle nationale, l’ASTI ferme car il n’y a plus d’argent dans les caisses, c’est aussi simple que cela.


1 Message
 
non-vérifié 
26 janvier 2009 14:17
je suis une ancienne salariée de l’Asti ,malheureusement mon contrat n’a pas été renouvellé,tout ce que je puis dire c’est que le public est majoritairement là ....et que l’on aurait pû continuer avec la bonne volonté des politiques , ce qui n’a pas été le cas et quand au président on ne peu pas dire qu’il s’est défendu contre la fermeture .Je suis de tout coeur avec vous , ne baissez pas les bras , un jounal ne suffit pas , il faut monter beaucoup plus haut !Défendez vous jusqu’au bout !

   
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